Akwaaba


Blog / mercredi, mars 13th, 2019

La Côte d’Ivoire, après l’inénarrable Guinée, nous a fait une impression tout à fait étrange. Pas désagréable pour autant, mais nous laissant un goût impératif de ralentissement après le rythme intense des dernières semaines. Comme si l’exploration – telle que nous avions pu la pratiquer jusqu’alors – ne serait, cette fois-ci, pas de la partie. Il n’en fut pas tout à fait ainsi car une double surprise nous attendait à Abidjan et il nous a donc fallu descendre sans traîner vers la lointaine et étouffante capitale.  Et puis, d’une autre manière, nous l’avons bien explorée un peu cette côte, tentant d’y voir un peu.

Palm beach

Episode 01 : Zouglou et glou et glou !

Ayant quittés – souvenez-vous – nos douaniers guinéens après le déjeuner partagé, nous avons repris la route d’un bon train, pressés que nous étions de poser nos royaux fessiers chez ceux qui n’y voient rien, car – dit-on – « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ». Aveuglés par le soleil et la poussière de la piste – une route chinoise en pleine construction de part et d’autre de la frontière, l’avenir semblait nous sourire.

Réveil dans le pâté

C’est ainsi que, cahin-caha, nous arrivâmes à la nuit tombante à Danané, premier bled digne de ce nom après la frontière et nouvellement promu Préfecture de la région, si j’en crois les bribes de dialecte local saisies ici et là. La route avait été bien plus longue que prévue parce que le mythe du chinois travailleur ne s’est pas révélé exact sur cette portion de piste misérable.

Exemple de piste en bon état

En revanche, nous les avons bien assis nos royaux fessiers, à la terrasse du Café Zouglou, le maquis ivoirien typique – ayant l’air d’avoir élu domicile de façon éphémère pour la soirée, avec son ensemble de chaises plastiques, ses enceintes criardes posée de façon très aléatoires juste derrière les esgourdes des clients et ses serveurs buvant des coups avec les copains de passage.

Culture de bilharziose

Nous avons élu domicile dans ce maquis, le temps d’un rafraîchissement bien mérité. Le temps, aussi de nous remettre de cette Guinée forestière qui s’était révélée très rude avec nous et Choupette. Le temps, en quelques sortes, de reconnecter un peu nos esprits largement sollicités ces derniers jours et fatigués d’en avoir tant vu, tant profité, jusqu’à l’épuisement.

La case de l’oncle Tom

C’était une soirée d’anniversaire pour des enfants du coin, un samedi soir, et nous avons profité de la fête, dansé avec la petite reine du soir et rincé nos gosiers en grillant des tiges jusqu’à l’écœurement. La fraîcheur de la bière succédant à la sécheresse de la cigarette, l’une appelant l’autre et l’autre nous renvoyant à l’une. Nous étions las et heureux d’être là.

Aquarelle

Et parce qu’en Côte d’Ivoire – peut-être plus qu’ailleurs dans la sous-région – la musique est une constante sociale et un incontournable vecteur d’idées, nous nous sommes rendus à l’évidence de la philosophie ivoirienne : « ma vie est une bénédiction »…et cela, « ça dépend de (moi) ».

Oum-pagaie! Oum-pagaie!

Episode 02 : Freins avant, poil aux dents.

Lorsque nous faisons le récit de nos tribulations – loin d’être celles d’un chinois en Chine, mais tout de même ! – il nous faut fatalement brûler quelques étapes. A fortiori, lorsque ce sont les freins qui brûlent. 

– Mesdames et messieurs, vous assistez maintenant au clou du spectacle : Choupette va traverser le ring of fire sans se brûler les moustaches !

Poulet burkinabé en forêt ivoirienne.

Echec. On renvoie l’attraction aux oubliettes et on fait remonter le clown sur scène. C’est bien ça, un clown, ça marche à chaque fois.

Et c’était clownesque cette affaire : imaginez Dupont et Dupond dans leur vaisseau de l’espace en train de traverser l’hostilité d’une Côte d’Ivoire pas mieux goudronnée que la Guinée, donnant tout sur le champignon pour retrouver une heureuse surprise abidjanaise, affrontant la chaleur désespérément humide  et lourde dans le fracas des pièces grinçant et cliquetant sans arrêt… des sons tous aussi rassurants  les uns que les autres puisqu’ils confirmaient la miraculeuse présence des pièces sur le véhicule.

Evéa bien qui évéa le dernier

N’empêche que ça chauffait. Je sais, ça ressemble à un mauvais leitmotiv. N’empêche que ça chauffait ! Déjà que le gros Zag il aime pas la chaleur mais là, avec la marmite à piston en guise d’autocuiseur sur le flanc droit, j’aime autant vous dire que le roastbeef était pas loin d’être à point. Même pas besoin d’assaisonner, les doigts étaient encore tout pleins de l’ail de la veille, pour le plus grand bonheur des cannibales ivoiriens en attente d’une panne miraculeuse. A chacun sa manne miraculeuse, n’est-ce pas ?

Chasseur cannibale

Et ce qui devait arriver arriva. Zig et Puce étaient même pas encore à Yamoussoukro que la pédale de frein s’est mise à faire des siennes : pas moyen d’appuyer dessus. Quand je dis pas moyen c’est que mon mollet de Tour-De-Françiste (c’est Zag qui parle) n’arrivait plus à la bouger d’un poil. Autant vous dire qu’à ce moment-là vous avez la glotte qui fait « gloups ». Et pas intérêt à déglutir de travers, parce que sans frein et avec la glotte qui gratte c’est le cacaoier assuré, à défaut de platane. Un truc comme ça en Guinée et vous franchissez les 2000 mètres de dénivelé en deux millisecondes.

Terre! Terre!

Courageux mais pas téméraires – et surtout affamés, deux heures après l’angélus de midi – nous avons pris la sage décision de nous arrêter au prochain bled, afin de dégoter une gargote et de grignoter des délices locaux. Et ça, des délices, on en a pas vu la couleur ! Parce qu’à peine nous étions nous arrêtés devant un boui-boui convenable que Choupette a fait son numéro de cirque avec le feu : vrrrrouffff ! Hyper classe sous un chapiteau et quand on a bien révisé mais là sur le bord de la route et sans la générale, ça sentait le roussi.

Qui a peur du grand méchant loup?!

Pas surprenant, on avait de la fumée qui sortait de part et d’autre du véhicule, sans savoir vraiment d’où, avec l’odeur de caoutchouc qui va bien ; le genre d’odeur qui vous tranquillise pas excessivement quand ça sort de votre char. Le diagnostique a pas été long, ça sortait des roues en mode signaux de fumée de Sitting-Bull : les freins étaient en train de faire la Java, garnitures et tambours rouges comme les feux de l’enfer. On a balancé cinq litres d’eau sur chacun des freins. Je vous avoue que c’est pas la plus grande intervention mécanique qu’on ait faite d’un point de vue académique…mais je crois qu’il n’y a pas  de réponse académique à ce problème.

La vie de routier

Pour vous la faire assez courte, on a fini par trouver un mécanicien. Et pas n’importe lequel ! Le Général de Gaulle de la mécanique Saviem en personne. Une espèce rare, complètement en voie de disparition, avec un savoir faire et une passion à faire rougir un fruit. Le gars était tellement heureux de pouvoir bricoler un TP3 avec toutes ses pièces d’origine qu’il n’a même pas voulu de compensation (laissée de force, malgré son mètre quatre-vingt-dix).

Il a réparé le problème de frein en deux temps trois mouvements ; je l’avais mis sur la piste en indiquant le maître-cylindre de freins mais la suite m’a montré que c’était parfaitement inutile de lui donner un coup de pouce : il s’est mis en tête d’inspecter le véhicule et de pointer ce qui allait bien et ce qui n’allait pas. Allant jusqu’à me montrer comment tester-démonter-remonter mes bras de roue. Pour tester c’est facile, vous mettez deux gros coups de latte dans vos pneus et vous écoutez le bruit que ça fait !

Dans les prés d’herbe fraîche il me fait reposer

Il était bien meilleur que ça, vous vous en doutez, et nous avons bien failli l’emmener avec nous à Abidjan pour qu’il continue de panser Choupette. Nous avons repris la route et je suis resté coi un long moment, encore émerveillé d’avoir rencontré pour la première fois un mécanicien vraiment connaisseur depuis le début du voyage.

 

Episode 03 : Surprise en poupée russe

Et nous avons fini par arriver à Abidjan. Mon Dieu, quelle chaleur ! C’est humide, c’est lourd, ça sent la poisse à plein nez…et les gens vous donnent l’impression de ne même pas remarquer… Alors là, j’ai vraiment cru que c’était la fin pour moi. Ma hantise prenait corps : la chaleur africaine telle qu’imaginée avant le départ pointait son nez – rougeaud et dégoulinant – pour la première fois depuis Tanger. Qu’allions-nous faire dans cette galère ?! En guise de promesse : à partir de la Côte d’Ivoire il en sera ainsi pour trois mois.

J’aime les panoramas

Mais la surprise était là : le padre Verdon était à Abidjan pour saluer ses enfants chéris. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on a été « chaudement » accueilli puis « fraîchement » câlinés à coups de clim et de jus frais, de bières glacées, de baignades dans la piscine et encore de climatisation ! Une fort sympathique parenthèse dans ce périple africain, avec un goût d’improbable et d’inespéré.

Un train pouvant en cacher un autre, pourquoi n’en serait-il pas de même avec les surprises ? Figurez-vous qu’après le padre, c’est le frère de Cam lui-même qui a pointé son nez ! On l’a su vraiment à la dernière minute pour le coup et c’était une aubaine : avec quinze jours d’avance nous avons pu fêter l’anniversaire de Cam « en famille ». Fromage, saucisson, poisson cru…autant de mets délicieux et déjà oubliés qui nous ont rappelé notre si chère patrie et sa douceur de vivre.

L’effet poupée russe c’est quand – en plus de ces deux surprises déjà formidables – vous en avez une troisième qui pointe son nez. Cette fois-ci pas de visite en tant que telle. Ou plutôt si, notre visite chez un ami d’ami qui s’est révélé être un hôte d’une qualité exceptionnelle et un ami délicieux. Reçus comme des princes par cet aimable exilé, nous avons pus passer un séjour abidjanais de première qualité et qui a pu durer sans qu’il nous tarde de partir. Bien au contraire. D’ailleurs, c’est lui qui est parti au bout d’un moment et nous sommes restés maîtres de son pied-à-terre. Quand je vous dis que son hospitalité s’est révélée sans égale !

Excursion en pays hippopotame

Nous le reverrons au Togo, peut-être, en Côte d’Ivoire, probablement. Slimane – ça n’est pas son nom mais nous tenons à préserver son anonymat – encore un grand merci ! Un grand merci pour ton hospitalité africaine, pour nos excursions nocturnes dans la jungle, pour tes amitiés burkinabés, ton sens du contact, ton amour pour ceux qui n’ivoiriens, ton regard très juste et très curieux sur ce(ux) qui t’entoure(nt). « Souvent » on se reverra, « souvent » on se reverra pas, mais tu resteras dans la bande des copains. Ah oui ! Pour le reste…essaye d’y voir plus « clair » 😉

N’oublions pas pour finir, le merveilleux gardien de ce merveilleux Slimane. Un type dévoué comme on n’en fait plus ni en Côte d’Ivoire, ni en France, ni ailleurs. Un type capable de dormir sous Choupette pour empêcher les « bandits » de démonter vos batteries. Toutes les prières du monde n’y feront rien, il dormira dessous cette nuit et celles qui suivront, jusqu’à notre départ. Et en plus d’être dévoué, ce chic type – car c’en est un ! – vous prodigue conseils et services à chaque instant du jour et de la nuit. Rien n’est trop pour vous aider à comprendre Abidjan et ses traquenards, pour vous faire vous sentir en sécurité, pour vous filer un bon tuyau. Jean-Robert mérite une palanquée de remerciements, aussi. Ça n’est toujours pas son prénom…anonymat par ricochet, voyez-vous ?

 

Episode 04 : Expat-tes! Expat-tes! Oui mais des Panzani !

Disons qu’avec Dakar, Abidjan fait partie des « grandes » expatriations ouest-africaines. Pour voir à quoi ça ressemblait des expatriés, Respons’Appro est allé voir au cœur de l’exploitation : et nous avons passé un week-end avec la bande des marlous de Yopougon. Une partie, du moins.

Pré (Tias)salé

C’est lors de ce week-end à Tiassale que nous avons pu mettre le doigt sur quelques tranches de population d’Abidjan. Bon, grosso merdo, c’est un peu comme partout : il arrive souvent que ça se passe entre français. Mais moi qui ait fait un peu d’expat, ça ne me choque pas. Il ne s’agit pas de faire de l’entre-soi mais juste de reconnecter un peu avec ce qui inexorablement nous définit : nos racines.

C’est une coquetterie très néo bobo de vouloir à tout prix justifier que l’on s’est « intégré ». D’abord, l’intégration c’est pour les immigrés. L’expat moyen il est là entre deux et trois ans, rarement en processus d’immigration. Ensuite, l’un n’empêche pas l’autre : on peut découvrir son pays d’accueil, ceux qui l’habitent, ses coutumes et sa culture sans forcément faire une croix sur ses racines. Et j’ajouterais que c’est parce que nous avons des racines que nous avons la capacité de nous projeter vers les racines de l’autre et les comprendre. Dans le rejet très coquet de ses racines il y a souvent la perte d’identité, donc. Sans enracinement, point d’identité.

Bref, c’est un débat qui se pratique une bière à la main ou dans un essai socio-philosophique dont je n’ai ni l’envie ni la prétention. Partant, nous avons passé deux jours à Tiassalé. On a eu chaud, mais on a bu et bien mangé et surtout on a bien rigolé. Un coup avec les viocs qu’avaient des enfants, un coup avec la « jeunesse » des VIE et stagiaires en pagaille. C’est fou, en passant, le nombre de minets et de minettes sortis des trois parisiennes et qui font des stages chez des pizzaiolos ivoiriens. Faut croire que la césure ça forme les caractères.

C’était au Sénégal, mais je la trouve chouette

Enfin, un coup avec les copains : petit clin d’œil à nos chouchous – Sylvain et Sylvette – qui seront bientôt parents et qu’on a revu le week-end suivant à leur pendaison de crémaillère et puis à Bassam, le bon repère du dimanche pour grignoter léger, piquer une tête dans la mer ou dans la piscine…bref, se remettre des émotions alcoolisées de la veille.

On a fini en grand banquet au bord de la rivière aux hippopotames, ce week-end-là, et on s’est pas fait croqués. Le soir on a plié bagages et on est rentrés du côté de chez nous à Abidjan. On a fait un petit plateau-télé avec le copain Slimane en regardant le reportage France 2 sur le cacao – celui où Cargill se prend une sacré banane ! – et on doit vous dire qu’on a bien rigolé ! Faut vraiment que la planète se mette à lire nos Kaléidoscopes 😊

 

Episode 05 : Métro, boulot, dodo…

Mais vous savez la meilleure, après tout ? C’est que dans nos pérégrinations on ne vous oublie pas. Et vous savez ce qu’on a fait la semaine suivante ? Bah on s’est farcis de pondre tous les rapports des interviews qu’on a passées entre Yamoussoukro (poil au dos) et Abidjan (poil aux dents), en passant par Bassam et Assinie (poil au…oh et puis tant pis !).

La beauté c’est pas important

Alors Assinie, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une charmante petite bourgade balnéaire, où le sable est fin et blanc, où le vent souffle pour le plus grand bonheur de ses riverains et où les palmiers le disputent au gazon vert des petits hôtels pour expatriés et libanais du dimanche. Les Kaléidoscopes, c’est du boulot. Et pour le boulot, il faut un environnement. Celui-ci faisait l’affaire avec la mer à proximité.

Glisser sur les vagues de la vie

Comme on ne mélange pas les torchons et les serviettes, nous avons attendus le dimanche soir pour nous pointer là-bas. Sarkozy y passait le week-end, probablement dans l’espoir d’y être rejoint par l’ami Gbagbo tout juste libéré par les instances judiciaires 😊

La semaine a été calme pour nous : en semaine il n’y a personne là-bas. Et puis les journées étaient rythmées par les comptes-rendus et les baignades, les bières fraîches et les apéros fromage-saucisson à la truffe reçus de France par la valise ivoirienne.

L’affaire des paillotes

On s’est même offert un petit plaisir le jeudi, quand les exilés du BIMa ont pointé leur nez pour une journée cohésion. Ça donne vraiment envie de partir en séjour avec nos amis marsouins ! Apparemment c’est journée de cohésion à chaque départ et à chaque arrivée. Et à voir le bronzage des gars, y a un gros turn over au BIMa ! C’est mauvaise langue et on retiendra surtout que c’est beau la cohésion « familiale » dans l’armée.

Quand on est repartis vers la frontière, on a fait une étape intercalaire avec le Ghana, à Aboisso. C’est là qu’on a remis en branle notre petit plan « missions catholiques ». On s’est pointés à la paroisse catholique du coin pour demander le logis (sans le couvert, même si « qui dort, dîne »). Et on a échoué au centre d’accueil des pères stigmatins où on a fait la rencontre de Josiane.

En vrai, les couchers de soleil c’est un peu tous les mêmes…

Josiane c’est celle qui est en charge de l’accueil. Elle nous a accueilli d’abord un peu timidement mais devant l’apéro et le dîner qui se sont pointés devant elle, elle nous a fait passer une soirée délicieuse, toute étonnée de rencontrer des « blancs » à la fois aimables, causants et curieux de sa personne.

Nature en berne

Cela nous a évidemment mis un peu le cœur en berne de savoir que quand nous étions sympathiques et curieux nous surprenions sur notre trajet. Et pourtant, nous avons été précédés dans notre voyage ; par de nombreux voyageurs, touristes et expatriés pas toujours à la hauteur de leur voyage, pas toujours à la hauteur de ce qu’impose une rencontre humaine, une rencontre culturelle – au-delà des a priori parfois lourds, justifiés ou non. Nous essayons, au court de notre voyage, de ne pas nous laisser aller à nos paresses naturelles, à nos fatigues inévitables, à nos enfermements culturels… Nous sommes venus découvrir et comprendre. Nous sommes venus en acceptant l’idée que nous ne serions pas forcément reçus, parce que les hommes sont ce qu’ils sont. Et nous ne pouvons leur en vouloir. Le tout est d’arriver curieux et souriant, avec un fond d’humilité et un zeste de détermination. Car, si nous avons été précédés, nous serons suivis, également. Et alors il nous faut offrir la chance aux suivants de ne pas partir du mauvais pied à cause d’un mauvais souvenir. C’est la responsabilité du voyageur dans son périple : laisser une empreinte aussi discrète que durable sur la terre et dans les cœurs où il est passé. Le voyage ce n’est pas seulement de passer ou bien de prélever, mais c’est d’abord de se pointer avec une présomption d’amour et de charité. Sinon, Vierzon, ses vampes et son PMU feront parfaitement l’affaire.

Ça mord?

Ah ! J’allais oublié… « Akwaaba » signifie que vous êtes le bienvenu. Quand l’étranger arrive et toque à votre porte – ou bien celle du village – vous lui dites « akwaaba ». Avec lui, ensuite, vous partagerez les nouvelles : les vôtres puis les siennes. Chacun permettant de reconstituer le puzzle du monde. Vous prenez l’étranger sous votre protection et – quant à lui – il repartira demain ou un autre jour, emportant avec lui vos paroles pour le reste du monde. Vos nouvelles. Il deviendra votre messager. « Akwaaba », c’est le lien entre les hommes, ceux qui ne se connaissent pas mais partagent la même terre, non plus « malgré » eux mais dans une même responsabilité respectueuse. « Akwaaba », voilà une belle manière pour l’hôte d’accueillir le voyageur…Et pour le voyageur de laisser – en son for intérieur – une petite place à celui qui l’accueille.

 

Voilà voilà.

– Et avec ceci ?
– Ce sera tout pour aujourd’hui.

A plute !

 

Zig et Puce

Pour Respons’Appro

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