Choupette – Keskon mange? (par Camille V.)


Blog / mercredi, avril 24th, 2019

Sommes-nous en train de mourir de faim ou de soif ? A entendre certains commentaires inquiets avant notre départ, il convient de leur répondre par la négative.

Jolie p’tite poêlée

Partir en voyage c’est évidemment adapter ses habitudes alimentaires mais pour Zag et moi, impossible de renoncer à ces moments de partage que nous chérissons, aussi bien en Navarre qu’ailleurs.

Viande « en avare »

Choupette est équipée de deux gaz alimentés par une grosse bonbonne qui se trouve derrière le siège conducteur ; eh oui, parait qu’en Afrique quand on conduit on a chaud aux fesses – pour nous c’est encore plus vrai. Et même si pour nous cela pourrait paraître « sommaire » je vous garantis que lorsque que nous montrons cette installation dans les villages, les gens sont ébahis. Là où l’on cuisine encore au bois ou au charbon quand il y en a, notre installation relève du 5 étoiles !

Cuisine Top Chef

Bien prudents que nous étions avant le départ, nous avons suivi les conseils avisés nous suggérant d’avoir « une réserve de conserves en cas de coup dur ». Et comme le froid pointait le bout de son nez au départ, cette réserve se constitue de : foie de morue, pâtés de canard, petits salés aux lentilles, choucroute et cassoulet ! Oui, on est descendus par le Sud-Ouest de la France… ! Cette réserve…on ne l’a pas encore touchée. A intervalle réguliers Zag me dit « Cam, tu crois qu’on va avoir un coup dur bientôt parce que je mangerais bien du cassoulet ? ». Coup dur il n’y a pas eu, le cassoulet est bien rangé. On s’est donnés 1 mois avant le retour pour entamer la réserve de secours !

Si l’on poursuit avec la gastronomie, c’est les capitales africaines qui nous ont bien gâtées – un peu moins notre porte-monnaie. Chaque jour de départ était un jour de fête où nous avions le droit d’aller au supermarché et d’acheter – en quantités raisonnables – ce qui nous manquait et ce dont nous avions envie. C’est ainsi que nous sommes repartis de Dakar avec du bon vin et du camembert pour Noël, d’Accra avec de la viande à consommer saignante et du Cheddar, de Lomé avec du Brie et de Cotonou avec une saucisse sèche et quelques pâtes à tartiner. Mais le pompon, le haut sommet gastronomique de notre voyage a quand même été Abidjan. Tout le monde ici connait « Chez Ambroise », un petit maquis (c’est comme ça qu’on appelle les restaurants de rue ici) délicieux où on mange du poulet braisé. A cela s’est ajoutée la petite escale Abidjanaise de mon cher frère qui s’est porté en grand seigneur en nous ramenant deux saucissons à la truffe, du fromage et des gâteaux apéro. C’est donc en partant d’Abidjan que nous avons décidé de rebrancher notre frigo.

Passe le fromage à ton voisin

Ha oui, on ne vous a pas dit. Avant de partir on avait fait toute la check-list des achats mais le frigo…est resté sur la liste jusqu’à 5j avant le départ. Pas le choix : livraison express Amazon en Espagne, où nous retrouvions mes parents pour quelques jours. Toujours pas le choix…il ne marche pas. On a pourtant tout essayé : démonter le câble et rallonger la prise allume-cigare pour qu’elle arrive jusqu’à notre alternateur de voiture, maqué de faire exploser notre panneau solaire en le branchant sur le 220V…finalement, nous avons trouvé un gaz qui parvient à le faire fonctionner à peu près normalement. Sauf que…le branchement au gaz, ça génère de la chaleur et la génération de chaleur, il y en a suffisamment dans Choupette et en Afrique pour vouloir en rajouter. Le frigo donc ? Il est devenu un placard qu’on s’octroie le luxe de brancher dans les moments de rafraîchissement atmosphériques.

Rafraîchissements atmosphériques

Revenons à nos moutons. Avant de partir d’Abidjan, nous avons été invités dans un restaurant français de première catégorie : escargots de bourgogne et tartare pour moi, teriyaki de Thon et onglet pour Zag. Ce bon copain se reconnaîtra et nous on le bénira car ce fut de loin, le plus grand festin de notre voyage.

Cuando se comè aqui?

Je peux vous dire que même quand on voyage avec le minimum, ces petites escales sont autant de respirations qui nous rappellent quand même que notre Pays : ON L’AIME.

Bref, en dehors de ces escales gourmandes, notre quotidien est somme toute assez simple. Comme nous sommes souvent en bivouac ou dans des villages pour les nuits, nous cuisinons la grande majorité de nos dîners. Notre repas fétiche de base, celui qui requinque de toute journée sous le soleil : les pommes de terre sautées à l’ail avec des œufs au plat. Récemment j’ai aussi élaboré une recette de « risotto » avec de la vache qui rit (que l’on trouve presque partout) en guise de crème fraîche et c’est un délice ! Lorsque nous avons eu la chance d’être sur la côte et d’acheter du poisson frais, j’ai même fait du ceviche de Bar ! Nous optons aussi très souvent pour des salades maison : les avocats se trouvent à tous les coins de rue et les tomates et concombre ne sont pas rares sur les petits marchés.  

Sur ces marchés, les produits se vendent « en petits tas », confectionnés amoureusement par ces femmes souvent venues de loin, avec leur enfant sur le dos et la récolte du matin sur la tête : personnellement j’admire. Un petit tas de 5 tomates (100F), un concombre (100F), 5 avocats (300F). Il faut savoir que sur un marché, il est difficile de négocier le prix, mais on peut négocier la quantité ! Hey oui, les p’tites dames comptent ce qu’elles ont gagné dans la journée et elles sont seulement prête à vendre plus, pas à diminuer le poids de leurs bourses à la fin du marché ! Pour le marché, c’est souvent mieux quand j’y vais toute seule car ici…nous n’avons jamais vu aucun homme faire le marché et Zag qui porte les courses est une attraction hors norme. Le problème donc, c’est que quand il va faire le marché, il est très difficile pour lui de négocier les prix car il passe carrément pour un extraterrestre alors que moi je passe « juste » pour une touriste.

Apparition

Pour les petits-déjeuners, on a aussi acheté des stocks de café : dans beaucoup de pays on ne le trouve qu’en dosette donc il faut prévoir le coup ! Si on a eu la chance de passer par un marché le jour J, on a du pain et sinon Zag, le matinal, réalise des petits pan cake avec de la farine et un œuf !

Le dieu Pan-cake

Depuis que nous sommes passés au Ghana, Zag s’est découvert une passion absolue pour les Fan Milk : ce sont des petits yahourts glacés, souvent vendus par des messieurs à bicyclette avec une glacière mais surtout un Klaxon bien caractéristique.

Faaaaan Miiiiilk!

Alors quand on entend ce petit son, il faut vite trouver un endroit pour se garer, quitte à se garer dans le caniveau, il est hors de question de rater un Fan Milk !

Pim-pon les Fan Milk!

J’étais pour ma part un peu sceptique au départ et je prenais la version « glace à l’eau ». Puis, voyant que Zag ne tombait pas malade (merci mon cobaye), j’ai fait une étude sur la chaine du froid de Fan Milk : la composition des yahourts qui fait qu’ils supportent très bien une chaine interrompue. J’ai donc craqué à mon tour : merci Danone.

Fan Tourista

Sur la route, il nous arrive souvent de nous arrêter dans des petits maquis. Dans un maquis, il n’y a souvent pas de menu, demandez plutôt ce qui a été préparé si vous ne voulez pas y passer l’après-midi. C’est dans ces maquis qu’on découvre les merveilleuses sauce aubergine, sauce feuille, sauce graine, les poulets Yassa, le porc grillé et toute autre spécialité locale de Foufou et Bankou. Alors quand quelqu’un ose encore nous dire « j’imagine que vous ne connaissez pas trop notre nourriture », ça nous fait bien rire. Une consigne : manger la viande bien cuite. Parfois, dans les maquis qui ont l’air un peu « mieux organisés » que les maquis du bord de la route, il nous est arrivé de prendre des risques. C’est ainsi que j’ai dégusté un steak sauce au poivre saignant, à Djougou.

Maquis-gnon, maquis-ladoras, maquis-skifou, ma katie maquis-thé, sushi-maquis, …

Côté eau, nous achetions au départ majoritairement des gros bidons d’eau potable mais somme ensuite passés à l’eau de forage ! Comme dirait un vieil expert que nous avons croisé à Abidjan « si nous on le boit, pourquoi vous ne pourriez pas le boire ? On n’est pas fous… ». Donc quand on nous dit que c’est potable, on y va. Et quand on a un doute on ajoute un purificateur !

Le remplissage de l’eau, c’est toujours un moment fantastique sur la route car dans les villages c’est un lieu de rencontre. Tout l’astuce consiste à identifier le ou la « gardienne de pompe ». C’est cette gentille personne qui va t’aider à remplir tes bidons et bouteilles avec le sourire et a qui tu dois laisser une petite pièce parce que tout le monde le fait ! Ça les fait souvent beaucoup rire quand nous arrivons avec nos bidons de 5L et nos bouteilles d’1,5 L car eux y vont à coup de 25 ou 30L qu’ils transportent souvent sur des kilomètres, sur la tête. Paradoxalement, si l’eau manque en Afrique, c’est une préoccupation vite oubliée du voyageur car il y aura toujours une pompe quelque part !

Remonter à la source

Avec tous ces petits conseils, on n’a jamais été malade (et on croise les doigts car il reste encore du chemin) !

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