Choupette – La vie d’une héritière (par Camille V.)


Blog / mercredi, mars 6th, 2019

Vous êtes nombreux à nous avoir demandé comment était la vie dans Choupette…Alors voici un petit article pour vous répondre !

Choupette d’Arabie

Vivre à deux dans un 5,5m² semble relever du véritable challenge. Mais comme ceux qui me connaissent bien le savent, j’aime beaucoup les petits espaces « avec plein de trucs dedans » ! Choupette est réellement une partie intégrante de notre voyage et nous demande un travail quotidien. Ranger, ranger et ranger sont les maîtres mots de cette harmonie entre elle et nous, et entre nous et nous. « A chaque chose sa place et à chaque place sa chose » est la devise d’une bonne cohabitation. Au fur et à mesure du voyage, nous avons organisé notre espace d’une manière qui nous semblait logique : tant et si bien qu’il suffise d’une petite chose mal rangée pour perturber ce doux équilibre. Un placard de chaussures et linge sale, des placards de vaisselle, un placard « petit déjeuner », un garde-manger et des « armoire d’habits » sont nos principaux espaces. La chance de cette Choupette, c’est qu’elle nous offre la possibilité d’une organisation millimétrée et là, il convient de remercier son premier valeureux propriétaire pour l’avoir si bien pensée !

King size

Tous les matins et tous les soirs, quelques 20 minutes sont nécessaires au rangement, si la vaisselle est déjà faite, et qu’on ne découvre pas une fuite de dernière minute. Comme j’ai pensé l’organisation intérieure, la question la plus récurrente de Zag au cours du voyage est : « Cam, où se trouve mon câble d’ordinateur, les serpentins anti-moustique, l’ail etc. ». Et là, j’ai intérêt à bien me tenir dans ma réponse à la question. Choupette est un véritable puzzle dans lequel il convient d’avoir mémorisé toutes les pièces, dans l’ordre et selon leurs couleurs !

Nervous breakdown

Cette dame a aussi ses humeurs…sa vieillesse a parfois raison d’elle (et, par ricochet, de nous…). Les pores de sa délicieuse peau ne sont plus aussi élastiques que dans son jeune âge et elle absorbe donc nos terrains d’aventure. Une piste en latérite et madame en a partout, un séjour sur la plage et ce sont des petits cristaux de sel qu’elle dissémine sur notre lit pour le plus grand bonheur de Zag quand il se couche. Ah oui ! Je ne vous ais pas dit : Zag DETESTE qu’il y ait le moindre petit grain de quoi que ce soit dans le lit 😉 :

  • « Cam, ça me gratte partout je ne sais pas ce qu’il y a dans le lit»
  • « Heu, j’imagine que la piste, la plage et l’écume ambiante ont déposé des « choses » ! »

Là, tous les subterfuges sont bons pour tenter de préserver notre couchette : la bâche sur le lit, le rideau fermé au bord de la plage pour empêcher l’écume de rentrer etc. Mais rien n’y fait, à part – peut-être – une lessive à grandes eaux. L’avantage de l’Afrique c’est que si vous faites la lessive à 8h, tous les draps sont secs à 10h ! La vie dans Choupette c’est donc aussi…beaucoup de lessives. Et ça fait beaucoup rire les femmes quand elles me voient avec ma bassine ridicule en train de frotter mon drap : « mais, toi aussi tu fais la lessive à la main » ? « Oui M’Dam, on n’a pas pu installer une machine à laver dans Choupette » !

Choupette à la mer

On vous l’a déjà dit, Choupette est une coureuse de Marathon. La course de fond est son principal atout, à défaut de se spécialiser dans le sprint ! Elle est presque capable de grimper aux arbres et nous a permis de nous aventurer sur des pistes qui ressemblent plus à des ruisseaux asséchés qu’à des routes. Mais dans ces moments-là, il convient de s’armer de patience, car avec ses 3,5 tonnes à porter, il ne faudrait quand même pas qu’elle se brise les articulations. Vitesse moyenne sur piste : entre 5 et 15 km/h. Hé oui…Eliud Kipchoge (va voir sur Google) irait bien plus vite que Choupette…alors coureuse de Marathon, oui, mais tête de peloton, non ! Vitesse moyenne de la valse des objets à l’arrière du véhicule : 100 km/h. Si on s’est bien habitués à quelque chose pendant le voyage, c’est que quand ça bouge, tout tombe. Et si au début ces bruits nous inquiétaient, ils se soldent aujourd’hui par un « bon, ben on ramassera ce soir » et des rires qui l’accompagnent ! Il y a tout dans Choupette : les discussions, la musique et les percussions.

Exercice incendie

Une fois que nous avons accédé, grâce à sa bonne volonté permanente, à notre lieu de bivouac, Choupette doit récupérer et pour nous…la faire récupérer vite est un véritable challenge si on veut que la nuit soit possible en son sein. Après un Marathon et une fois que toutes ses articulations ont bien chauffé, Choupette met fort longtemps à refroidir et notre petit four qui roule à chaleur tournante se transforme après une journée de route en un véritable sauna. Inutile de vous préciser qu’en Afrique on n’a pas forcément envie de se retrouver dans un sauna après une journée sous le soleil. La discussion commence alors : comment refroidir notre fidèle destrier ? En versant de l’eau sur son moteur (avec prudence et tact 😉 ), en ouvrant toutes les portes (au risque de faire rentrer des insectes), en branchant notre petit ventilateur de bateau etc.  Et là, Zag fait alors des tests réguliers d’intrusion dans Choupette pour vérifier l’état de son refroidissement. Rien qu’à voir ses yeux et sa moue, je comprends que, pour lui, elle ne refroidit décidemment jamais assez vite, et surtout lorsque notre frigo est branché sur le gaz – parce que lui aussi contribue au réchauffement climatique de notre atmosphère. Qu’à cela ne tienne, il y a bien un moment où il faut se coucher. Une fois que notre garde du corps préféré a veillé à la sécurité de ses deux petites compagnes de voyage et après s’être versé de l’eau de sa cruche (à prières) sur la tête pour tenter de refroidir, il s’introduit sous la moustiquaire. Et là, j’ai pas intérêt à être dans les parages – ce qui, je vous l’assure, est difficile dans un lit de 115 cm de large – parce que si par malheur il me frôle, cela lui fait l’effet d’une brûlure. Et quand je réponds oui à sa question « ma Chérie, toi aussi tu as chaud ? », il est tout désespéré ; parce que si moi aussi j’ai chaud, c’est que la nuit va être longue ! Dans ses tentatives, Zag a un jour eu l’idée lumineuse d’installer un ventilateur de moteur sur nos têtes « parce que ça souffle super fort et que ça fonctionne très bien en 12V ». Sauf que…ça fait aussi un bruit de moteur qui ferait fuir tous les animaux du Niokolo en moins de 2 minutes. On a bien tenté d’acheter un petit ventilateur supplémentaire mais notre panneau solaire n’est pas vraiment d’accord alors on s’arme de patience et d’un éventail espagnol et on brasse du vent !

Mais comment en vouloir à ce ci joli petit minois ?

Le « cavalier blanc » de l’apocalypse

Notre Choupette, on l’aime beaucoup parce que c’est le membre de notre équipe le plus séducteur : vous pensiez peut-être que c’était Zag ? Ben non ! Ce n’est pas après moi ou Zag que les gens courent dans la rue : c’est bien après elle. Nous ne comptons même plus le nombre de fois où on nous a proposé de l’acheter ou demandé de la donner ! Quand on y pense…on l’imagine déjà décarcassée pour servir de transport d’hommes ou de marchandises. En Côte d’Ivoire, un garagiste s’est même pris au jeu de faire visiter Choupette à ses collègues « là tu entres, il y a le couloir, à droite il y a la cuisinière, en fond du couloir le lit et sur la gauche les rangements : non mais je te jure, y’a tout ! Et puis, c’est garanti ça, ça ne meurt jamais » ! Alors quand on explique qu’on est venu de France et par la route avec Choupette, les gens sont souvent ébahis. On leur explique quand même qu’elle a traversé la méditerranée sur un bateau…car on nous pose souvent la question « mais comment elle a traversé » ? Et c’est certainement parce que nous sommes deux blancs dans ce véhicule improbable que la sympathie se tourne souvent très vite vers nous – car oui – Choupette attire la sympathie de tous ceux qui la regardent et s’inscrit souvent au commencement de nos discussions. Comme quoi, on n’a pas toujours besoin de parler pour être aimé et sa seule allure nous a probablement épargné bien des amendes dans la jungle des contrôles routiers.

« Voulant voir si le camion était bien digne d’elle, la Gloire un jour du ciel descendit voir Choupette »

Il y a quand même quelque chose qui exaspère Zag ; c’est que je ne sache jamais si nous sommes droits ou pas pour dormir alors que lui s’inquiète de savoir si je vais lui tomber dessus pendant la nuit. Quand je dis que pour moi les emplacements A ou B sont identiques, il aurait mieux valu que je ne dise rien. Mais bon, il faut me comprendre : quand on voit la taille du bolide, qu’il faut contrôler les obstacles à droite, ceux à gauche, les branches qui frôlent notre panneau solaire et prendre en compte dans les mouvements l’absence de direction assistée…franchement l’inclinaison de Choupette, c’est la dernière de mes préoccupations. Ça fait longtemps que vous n’avez pas ressenti le stress d’un matin d’exam qui vous mange tout entier ? Avec Choupette les exams, c’est presque tous les jours. Une fois, en Guinée, sur le parking d’une école, on devait passer sous un arbre très bas et avec d’énormes branches bien étalées. Vous voyez, c’est le même jeu que le Limbo mais en pire parce que si vous la touchez la ceinture, c’est la CATASTROPHE. Bref, nous étions réellement au centimètre près si nous ne voulions par arracher Choupette et l’arbre en même temps et…j’avais donné une trajectoire imparfaite. C’est comme ça que je me suis retrouvée, à 7h30 du matin, sur la galerie en train de soulever des branches qui devaient peser pas loin de mon poids pour sauver notre panneau – c’est mon tee-shirt qui n’a pas été sauvé.

Instant épicurien

Malgré tous ses petits défauts (ceux de Choupette, pas de Zag), notre roulotte, on ne l’échangerait pour rien au monde. Quand un policier a dit un jour à Zag « tu me donnes ton camion ou ta femme ? », j’ai presque perçu une lueur d’hésitation dans le timbre de sa réponse. Ce qu’on aime ? Dormir bien en sécurité sous sa taule chaude et avoir un accès direct au poste de conduite en cas de problème, pouvoir être totalement libres, avoir le luxe de voyager avec nos petites affaires (peinture, bouquins etc.), son – mine de rien ! – grand espace intérieur, tous ses rideaux – cousus avec amour par Bonne-Maman – qui nous isolent complètement de la lumière, les étagères en métal construites par notre cher Roro, sa couleur, son odeur (après aération) …Bref, nous, on est fan. 

Alors, cap ou pas cap ?

Ode à la lune

Voilà voilà.

 

  • Et avec ceci ?
  • Ce sera tout pour aujourd’hui.

 

A plute !

 

 

Zig et Puce

Pour Respons’Appro

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